Coup sur coup, le ministre du budget Eric Woerth et le président du directoire de PSA Peugeot Citroën Christian Streiff ont dénoncé le niveau de l'euro, jugé beaucoup trop élevé et nuisible à la compétitivité de l'économie française.

Après avoir explosé les records l'an dernier (25 milliards d'euros), le déficit commercial français est en effet bien parti pour battre à nouveau ce triste chiffre cette année, ce qui se traduit par moins de croissance et moins d'emplois.
Cela fait des années que nos responsables politiques s'émeuvent publiquement du niveau de la monnaie unique. Cela fait des années qu'ils nous promettent une réaction ferme et rapide face à la toute-puissante BCE, et notamment en période électorale, n'est-ce pas Monsieur Sarkozy ?... Cela fait pourtant des années qu'ils ne font absolument rien.
L'architecture actuelle du système européen ne leur laisse en réalité aucune marge de manoeuvre. C'est mentir que de nous dire qu'on interviendra pour mettre la BCE au pas. Nos responsables politiques le savent bien. En restant dans le cadre actuel de l'euro, rien ne pourra changer vraiment. Les Traités européens garantissent en effet à la Banque centrale de Francfort une indépendance absolue, d'autant que les Allemands sont très attachés à ce principe et à une monnaie forte.
Dès lors, nous pouvons continuer à hurler longtemps à l'euro fort, rien ne changera. Le système monétaire européen bute sur ses limites intrinsèques, à savoir l'impossibilité de satisfaire les besoins de 13 pays si fondamentalement différents. L'Allemagne, la France ou la Slovénie n'ont pas les mêmes besoins. Les pays de la zone euro ne partagent pas tous les mêmes caractéristiques en terme d'activité, de structure d'exportations, de croissance, d'inflation et de démographie. Ils ne devraient donc pas tous être soumis au même régime. C'est pourtant précisément ce que prévoit le système de l'euro.
La monnaie unique était censée nous apporter croissance et prospérité. Depuis sa création, la morosité n'a jamais été aussi importante. Il y a des conséquences pragmatiques à en tirer. Qui aura le courage de le dire, puis de le faire ?...

