L'euro, triple symbole d'un système désavoué par les Français

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Frits Bolkestein...

 

Si le mouvement "Sortir de l'euro" que vous nous aidez à développer se bat pour que la vérité sur l'euro éclate au grand jour, à savoir sa non-justification économique, il concentre aussi son action sur la monnaie unique parce que celle-ci est triplement symbolique d'un système explicitement désavoué dans les urnes le 29 mai dernier :

* tout d'abord, l'euro incarne la domination de l'ordre libéral fondé sur l'indépendance totale des banques centrales, la soumission du pouvoir politique, la prééminence des marchés et le culte de la lutte contre l'inflation au mépris de la croissance et de l'emploi (cf la hausse des taux d'intérêt décidée par la BCE en décembre dernier, contraignante pour la croissance, et qu'aucun économiste ne parvient à comprendre...) ;

* par ailleurs, l'euro incarne le fédéralisme non démocratique que la Constitution européenne souhaitait étendre à d'autres domaines. Il est en effet plus pratique de confier des responsabilités à des organes non élus, et donc irresponsables, plutôt que de laisser les peuples décider, et donc prendre le risque que ceux-ci manifestent leur opposition aux choix libéraux reconduits année après année depuis plus de 20 ans. La monnaie unique est l'affaire de la BCE et d'elle seule. Les autorités politiques n'ont pas leur mot à dire. Ce sytème est un cas unique au monde. Même aux Etats-Unis, le président de la Fed a l'obligation de venir justifier sa politique devant le Congrès américain tous les mois.

* enfin, l'euro est l'incarnation par excellence de la coupure de plus en plus flagrante et dangereuse entre le peuple et ses "élites" politiques, économiques et médiatiques. Quand une majorité de Français (ou d'Allemands d'ailleurs) réclament le retour de leur monnaie nationale (cf le sondage tout récent que nous détaillons ci-dessous), les élites au pouvoir refusent idéologiquement d'ouvrir le débat monétaire. Pire, elles n'acceptent pas une seule seconde que l'on puisse penser différemment d'elles. L'idéologie dominante pro-euro (jamais étayée par de solides arguments vous l'aurez remarqué...) est écrasante. Elle domine la quasi totalité des médias et regroupe plus de 90% des hommes politiques. Elles ne pourront cependant pas continuer longtemps à maintenir de force le couvercle sur la marmite France qui bout. Il faudra bien un jour accepter le débat, reconnaître ses erreurs, lire les travaux d'économistes de plus en plus nombreux qui réclament la sortie de l'euro.

 

La monnaie européenne est donc le triste symbole de trois dérives de notre système politique. Seul un débat serein, nourri et libre sur son opportunité permettra de commencer à rectifier le tir.

Publié dans Analyses

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