Réflexions sur un anniversaire

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Pile un an après le NON massif des Français à la Constitution européenne, comment analyser ce vote au regard de la monnaie unique ?

Le NON, chacun s'accorde pour le dire, est un message clairement anti libéral envoyé par tout un peuple à des "élites" qui, peu ou prou, mènent toujours la même politique au niveau national, souvent la simple transposition de ce qui a été décidé, avec leur consentement, au niveau européen. 
La monnaie unique est un des symboles les plus parlants de cette politique libérale, qui consiste à déposséder les politiques de leurs prérogatives au profit d'autorités expertes non élues détentrices d'une "vérité économique" imparable. De plus, la BCE poursuit une politique ouvertement monétariste, c'est à dire inspirée par les préceptes libéraux de l'indépendance du pouvoir monétaire par rapport aux gouvernements, et n'a comme seul objectif la lutte contre l'inflation, au détriment de la croissance et de l'emploi. Les récentes hausses de taux d'intérêt décidés par la BCE en décembre et mars derniers n'étaient d'ailleurs motivées que par cette exigence, au risque d'un nouveau ralentissement de la croissance.

Par ailleurs, durant la campagne, beaucoup se sont offusqués de l'article 30 de la Constitution qui consacrait l'indépendance totale et irrémédiable de la BCE. Comme nous avons déjà eu l'occasion de l'expliquer, BCE et euro sont les deux faces d'un même projet, monétariste et libéral. Il n'est donc pas possible d'espérer une profonde réforme de la BCE sans remettre en cause, à terme, la monnaie unique.

Enfin, la victoire du NON a  exprimé le refus des Français (puis des Néerlandais) de voir l'Europe prendre le chemin d'une superstructure non démocratique, dans laquelle toute légitimité nationale serait marginalisée. Cette Europe a déjà sa monnaie, l'euro. La remettre en question amènera donc nécessairement à s'interroger sur l'avenir de la monnaie unique. D'autant que chacun constate la médiocrité de ses résultats 4 ans après son introduction...

On le voit donc, le NON français (et de manière encore plus explicite le NON des Pays-Bas) porte en germe, au bout d'un raisonnement d'une logique implacable, une profonde réflexion sur l'euro et son avenir. Rien d'étonnant donc à ce que les Français disent NON en mai à la Constitution, et se prononcent majoritairement pour le retour des monnaies nationales en décembre dans un sondage...

A l'occasion de cet anniversaire du NON, portons haut et fort le débat sur l'euro. Les attentes clairement exprimées par les Français doivent pouvoir rencontrer des propositions novatrices et efficaces. La sortie de l'euro en est une.

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hyhy 05/06/2006 21:21

vive le NON ! bravo les amis du site !