"Il faut sortir de l'euro !" - 2ème partie

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Une intervention d'Alain COTTA, Professeur d'économie à l'Universite Paris Dauphine,

Il s'agit de la deuxième partie de son propos (retrouvez ICI la première). Nous publierons dans quelques jours la suite et fin.

Bonne lecture, et faites circuler !

"Trois voies d'attaque s'offrent à ceux qui sont persuadés que la croissance est une solution collective durable et permanente :
Mettre en cause notre démographie.
Mettre en cause la diminution du temps de travail.
Mettre en cause l'euro, celui-ci a une vraie responsabilité, même si elle n'est pas pleine et entière, dans la stagnation actuelle, faute d'ôter à la Banque centrale européenne toute capacité d'intervention réelle et, de surcroît, après que les politiques des Etats aient été plus qu'émasculées.
De ces trois causes de la stagnation actuelle, la plus simple, la seule sur laquelle les gouvernements puissent agir à l'heure actuelle, c'est l'euro : Il faut sortir de l'euro.

Une telle volonté appelle deux questions préalables.
La première question est technique. C'est celle à laquelle les économistes répondent mais de façon insuffisante, la seconde est politique.

Première question, technique :
Comment sortir de l'euro ? Il y a plusieurs façons d'en sortir :
On peut sortir seul, ce que la Grèce peut faire sans le dire, ce que la Ligue du Nord italienne a inscrit dans son programme – l'Italie du Nord, du point de vue économique, est la seule qui soit dans notre univers de pensée –
On peut sortir à plusieurs, à tous… Ceci impliquerait la solution qui fut préconisée par Monsieur Balladur, par Monsieur Chirac… et par certains socialistes qui l'ont abandonnée dès qu'ils ont été au pouvoir, c'est-à-dire de choisir une monnaie commune, système monétaire européen auquel j'ai toujours été favorable.
Tous les économistes sensés ont dit avant le passage à l'euro, sans être écoutés :
D'une part qu'il ne fallait pas mettre la charrue avant les bœufs et que l'hétérogénéité des nations européennes était telle que la monnaie unique en tant que telle était impossible, qu'elle allait créer des disparités dans l'inflation, dans les déficits budgétaires qui allaient devenir intolérables (cf l'article célèbre de Mundell).
D'autre part qu'au contraire d'intégrer davantage, l'euro allait provoquer, précisément ce qui se produit à l'heure actuelle, une certaine désintégration - y compris politique - de l'Europe. La monnaie commune était à l'évidence la seule solution pour obliger chaque gouvernement, en posant une référence commune, à ne pas faire n'importe quoi et à s'intégrer, pas simplement dans le domaine monétaire, de façon artificielle, mais dans le domaine économique et fiscal par exemple pour ne pas évoquer le domaine social."

Bientôt la dernière partie...

Publié dans Analyses

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Luc 21/06/2006 13:03

Merci beaucoup pour ces propos clairs et argumentés, nous en avons besoin pour militer contre l'euro !
 
Luc