Confirmation de nos analyses : la BCE défend "férocement" son indépendance !

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Jean-Claude Trichet, président de la BCE

Une dépêche AFP du 21 juin dernier est venue confirmer nos analyses : la BCE s'oppose farouchement à toute remise en cause de son indépendance. Elle reste, comme l'affirme son président, "le seul chef d'orchestre de la politique monétaire européenne"...

Comme nous l'analysions encore tout récemment (cf notre article sur le discours de Nicolas Sarkozy), l'indépendance de la BCE, sa lutte exclusive contre l'inflation au détriment de la croissance et de l'emploi, et l'euro sont les trois facettes d'un même système. L'une ne va pas sans l'autre, et la BCE l'a bien compris...Il est, au mieux illusoire, au pire et plus sûrement hypocrite, de demander une (légère) remise en cause de l'indépendance de la BCE sans revenir sur le principe même d'une monnaie unique.
En effet, comme nous l'avons déjà expliqué, l'euro ne peut tenir que via une surveillance très stricte des budgets nationaux et des taux d'inflation nationaux, qu'aucune interférence politique ne doit pouvoir venir contrarier. D'où l'instauration, dans les Traités et virtuellement dans la Constitution européenne, d'une Banque Centrale Européenne totalement indépendante, un cas unique au monde, avec pour seul mandat : la lutte contre la hausse des prix.

A bon entendeur salut...

ci-dessous la dépêche du 21 juin (à diffuser !) :

"BRUXELLES, 21 juin 2006 (AFP) - La Banque centrale européenne reste le seul chef d'orchestre de la politique monétaire dans la zone euro, a affirmé mercredi avec force son président Jean-Claude Trichet, opposant une fin de non recevoir aux récentes suggestions de l'Eurogroupe pour plus de coopération.
"Je défendrai toujours férocement (...) l'indépendance de notre institution", a lancé le Français lors d'une audition devant
la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.
Pressé par la vice-présidente du Parlement Pervenche Bérès, M. Trichet réagissait ainsi à une suggestion du président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, qui dans une lettre à M. Trichet suggérait une coopération plus étroite entre
la BCE et le club des douze ministres des Finances de la zone euro sur l'évolution de la politique monétaire et économique.
Une offre qui rejoint des propositions faites il y a quelques semaines par
la France , visant à améliorer le fonctionnement des institutions européennes.
Dans ces propositions, les Français "encouragent l'Eurogroupe et donc les ministres des Finances avec les gouverneurs de
la BCE à élargir leurs discussions sur l'ensemble des sujets économiques et sociaux", a rappelé mercredi un diplomate français.
L'idée consiste à intensifier le dialogue, un peu comme aux Etats-Unis. La coopération entre
la Réserve fédérale et les institutions politiques explique en partie le succès de la politique monétaire de la banque centrale américaine, estime en effet un diplomate européen.
Mais pour Jean-Claude Trichet, le dialogue entre les deux institutions européennes est déjà suffisamment riche"

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Jacques Heurtault 09/09/2006 08:12

Nous savons tous que les responsables politiques ne sont pas courageux. Les exemples pullullent dans l'Histoire. Notre pays doir résolument s'engager dans des réformes structurelles et dans une remise en cause d'un mode de fonctionnement complètement obsolète. Savez-vous que, même en adoptant le procédure d'urgence (une seule lecture d'un projet de Loi devant chaque Chambre), il faut quand même huit mois pour qu'un texte soit rendu applicable? Dans un autre domaine, celui des relations sociales, la méthode utilisée est rien moins que scandaleuse. Les "partenaires sociaux" dont tout le monde sait qu'ils ne sont pas représentatifs, négocient un accord. Ensuite le Gouvernement bétonne cet "accord" par une loi. Autrement dit, dans les faits, ce sont les "partenaires sociaux" qui font la Loi! Et après, on vient s'étonner que ça ne marche pas!