Interview d'un député européen sur l'euro

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Nous reproduisons ici un morceau de l'interview de l'eurodéputé Patrick Louis réalisée par l'Observatoire de l'Europe. Vous pouvez retrouver l'intégralité de cette interview sur ce site.

Nous nous intéressons ici aux propos du député sur la monnaie unique, constatant son échec, et dessinant quelques pistes de réflexion pour anticiper la crise monétaire et économique à venir.

A diffuser sans modération bien sûr !

L'interview : "N'est-il pas trop tôt pour affirmer aujourd'hui que la politique monétaire unique, symbolisée par l'euro, est un échec ? 

Hélas non. De plus en plus d'économistes réputés le constatent également. Avec le recul et une croissance de la zone euro deux fois plus faible que la croissance mondiale (qui serait de 5% en 2006 selon l'OCDE), on voit que ceux qui comme nous appelaient à rejeter le Traité de Maästricht avaient peut-être raison.
Comme l'a démontré Jacques Sapir, on constate clairement une résistance du monde réel à l'unification simplificatrice dont on croyait la monnaie capable. En présence de dynamiques différenciées, l'inflation peut apparaître comme nécessaire à la croissance.
L'Union européenne n'est en effet pas une nation, ni même un groupe de pays ou de régions dont les économies sont fortement imbriqués tant en terme d'échange des biens et services, que de mobilité des hommes et facteurs de production (ce que l'on appelle une "zone monétaire optimale").
En réalité, l'euro n'est pas le fruit d'une quelconque rationalité économique, mais une pure invention idéologique, une création politique, pour forcer les Etats à se fondre dans un ensemble fédéral. Aujourd'hui, on nous dit qu'il faut un gouvernement économique parce que l'euro ne marche pas. Comme d'habitude, l'Europe est la solution aux problèmes qu'elle pose... L'Euro n'est pas la première monnaie multinationale qui échoue.
Regardons dans les nouveaux Etats indépendants issus de la dislocation de l'Union soviétique. Ils n'ont pas hésité à abandonner le rouble, qui était pourtant bel et bien la «monnaie unique» de la nouvelle Communauté des États Indépendants, pour adopter leur propre monnaie nationale, comme instrument de leur indépendance et symbole de leur dignité retrouvée d'une part, outil essentiel de politique économique nationale d'autre part.  Le même phénomène joua lors de la dislocation du Pakistan, l'ancienne partie orientale devenant indépendante en 1971 sous le nom de Bangladesh et adoptant une nouvelle monnaie, le taka.  Il a joué aussi lors de la division de la Tchécoslovaquie, avec l'apparition de la couronne tchèque et de la koruna slovaque. Raison invoquée à l'époque: les Tchèques "en avaient assez de payer pour les Slovaques"...  Ce fut encore le même scénario lors de l'éclatement de la fédération yougoslave.

Alors faut-il sortir de l'euro ? 

Il ne faut pas l'exclure. Je pense que la France doit être matériellement capable, en cas de crise grave affectant la zone euro, de décrocher et d'opérer rapidement un retour au Franc, ou plutôt un Euro-franc. C'est d'une monnaie commune dont nous avons besoin, plutôt qu'unique, mettant l'Europe à l'abri de la conjoncture extérieure.
On pourrait au minimum envisager, comme le font de grands économistes actuels, une solution intermédiaire avec des zones concentriques, où l'Euro pourrait rester monnaie unique mais sur un espace nettement plus réduit qu'actuellement: c'est le premier cercle. Dans un second cercle de pays, où les hétérogénéités structurelles rendent la monnaie unique trop coûteuse,  l'Euro serait monnaie commune, c'est à dire parallèle à la monnaie nationale accrochée à l'Euro pour lutter contre la spéculation financière et garantir la crédibilité de la politique monétaire des nations de la zone.
Par ailleurs, il faut s'autoriser une politique de l'Euro faible et un encadrement des flux de capitaux favorisant l'investissement matériel plutôt que les opérations spéculatives."

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xav 08/10/2006 17:45

Bonjour,
Félicitations pour votre site qui est vraiment bien conçu! J'ai créé un annuaire de blogs et si vous souhaitez vous y inscrire voici l'adresse: http://netblog.site.cx  !
Bonne continuation

Couvert Gérard 06/10/2006 17:06

Il y a 67 ans Monsieur Jacques se serait sentis bien à l'aise derrière la ligne Maginot, puis il se serait sauvé, aurrait sans doute applaudit à la décision du parlement rad-soc ...Ensuite le Reichmark ne l'aurait pas géné, pas plus qu'il ne dérangeait Monsieur H. B-M, créateur du Monde (le journal préféré de Monsieur Jacques) ...Aprés, ce n'est pas facile mon bon monsieur, d'être du bon coté, en tout cas avant la 25 heure., mais que voulez -vous, ils triomphaient comment comprendre qu'ils n'avaient pas raison !Alors bine sur il aurait sortit sa banière tricolore pour acceuillir l'autre armée d'invasion et ses francs d'occupation.La résistance c'est un état d'esprit, la servitude aussi.G.C.P.S. pour passer 10 semaines par an en Italie, je crois pouvoir vous dire que malgré la propagande (encore pire que chez nous) de plus en plus d'Italiens comprennent qu'on les a floué. "Torniamo alla Lira" s'entend dire ouvertement (particulièrement  au Sud et en Sicille ... l'abus de vin, d'ail et de  soleil sans doute)

Didier 02/10/2006 23:23

Sur son blog, Jacques se dit "apolitique". C'est faux ! Il est démasqué !
Il est membre du "parti de la pensée unique" codirigé par Jean-Pierre Elkabbach, Alain Duhamel, Christine Okrent, Serge July et Jean-Marie Colombani.
 

Adrienne 02/10/2006 12:25

L'Italie peut-être oui, ou l'Allemagne, pourquoi forcément la France Jacques ?Sachez Jacques que dans ces deux pays il y a un débat sur l'euro, là-bas on peut discuter de ce sujet, il n'y a pas d'ayatollah de la pensée unique comme vous, refusant de traîter par idéologie de certains sujets.

Jacques Heurtault 02/10/2006 12:16

Mais je suis très calme, Benji! Où voyez vous que je suis énervé? Si vos vues sont exactes, le premier pays à sortir de l'Euro devrait être lequel? L'Italie? L'Allemagne? Que nenni!
La FRANCE, bien sûr!  Normal, puique nous sommes à moins de 7 mois d'une échéance électorale majeure ...
Allez, soyez juste! Dites-moi que j'ai vu clair ... Il n'y a pas de honte ... C'est de bonne guerre après tout.