En Allemagne, un débat déjà bien lancé

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AllemagneEn Allemagne, le démantèlement de l'euro est loin d'être un tabou. Le magazine Stern du 2 juin 2005 y consacre tout un dossier, avec à la une un aigle allemand s'étouffant avec une pièce d'un euro: "Avons-nous avalé l'euro de travers ?", avant de répondre sans ambages : "L'euro nous démolit."

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Il révèle le contenu d'une réunion informelle à Berlin avec le président de la Bundesbank Axel Weber, le ministre des finances Hans Eichel et des économistes. L'un des participants, l'économiste de Morgan Stanley, Joachim Fels, selon qui les divergences économiques dans la zone euro pourraient "conduire d'ici un certain nombre d'années à un démantèlement de l'euro".

- Le ministre de l’Economie, Wolfang Clement, a lui-même rendu l’euro responsable de la stagnation économique dans son pays, en déclarant que l’Allemagne « sacrifie une part non négligeable de sa croissance sur l’autel de l’union monétaire », en raison du niveau des taux d’intérêts imposés par la Banque centrale européenne.

- Une note interne au ministère des finances allemand intitulée "Zone euro : préoccupations croissantes au sujet des différences qui s'accentuent en matière d'inflation et de croissance" estime que "le fossé menace de se creuser encore et il y a donc un risque accru d'une crise d'ajustement."

- Une autre note estime que l'Allemagne a perdu avec le deutschemark l'avantage concurrentiel d'avoir les taux d'intérêt les plus bas en Europe, au profit de pays comme la Grèce, l'Irlande, le Portugal ou l'Espagne. En permettant à ses voisins d'obtenir le même loyer de l'argent qu'elle, l'Allemagne aurait perdu 1,4 point de croissance en 2004.

- Selon un sondage Forsa, 56 % des Allemands souhaitent le retour du mark, 48 % estiment que l'euro a contribué à la mauvaise situation économique en Allemagne et 90 % qu'il a conduit à une augmentation durable des prix.

- Stern évoque enfin un argumentaire juridique selon lequel une sortie de l'euro serait possible, par un accord, au cas où les fondements de l'UEM ne seraient plus respectés. Cet argumentaire est tiré d'un document élaboré par les services du Bundestag à la demande du député eurosceptique Peter Gauweiler (CSU).

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