L'Italie sur le chemin de la sortie de l'euro

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ItalieComme dans d'autres grands pays européens, la question de l'euro n'est absolument plus taboue en Italie. Là-bas, comme en Allemagne, des responsables politiques et nombre d'économistes prônent une sortie de l'euro afin de se donner les moyens de régler les problèmes structurels du pays, notamment celui de la dette.

Le 28 juillet 2005, Silvio Berlusconi a qualifié l'euro de "désastre" et a déclaré que l'euro de Prodi fut "une belle entourloupe".

L'opinion du chef du gouvernement italien rejoint celle d'un nombre croissant de ses concitoyens. L'euro perd en effet de plus en plus d'adeptes en Italie : il y a 6 mois 65% de soutien de l'opinion publique, aujourd'hui 48% selon les sondages.

La ligue Lombarde a même déclaré qu'elle aurait bientot les 500 000 signatures lui permettant de convoquer un référendum sur la question de l'euro.

La situation économique de la Botte est en effet exécrable. Alors que l'Italie s'enfonce de plus en plus dans la récession, la Commission européenne réclame maintenant une augmentation des taxes. Dans le même temps la Banque Centrale Européenne ne baisse pas ses taux sous prétexte que les pressions inflationnistes seraient trop fortes.

L'Italie ne peut donc espérer aucune aide de la part de la Banque Centrale européenne. Elle comprend jour après jour que la crise qu'elle traverse est structurelle et qu'elle ne trouvera aucune solution en dehors de la sortie de l'euro. La solution envisagée au plus haut niveau et dans les cercles économiques serait une sortie de l'euro suivie d'une dévaluation, seule capable d'apporter un bol d'air à l'économie italienne.

Quelle seraient les conséquences et l'impact d'une telle politique ? Les économistes nous expliquent qu'au niveau de la dette, l'Italie aurait bien sûr encore à supporter sa dette, mais cette fois-ci exprimée en lires. La dette italienne, devenue insupportable, serait donc exprimée dans une devise sur laquelle elle aurait un contrôle total et sans avoir à compenser les créditeurs.

Notons au passage que les Italiens ont un des taux d'épargne les plus élevés d'Europe et que la maturité moyenne de la dette italienne est relativement faible: 5 ans. Les économistes ont donc indiqué qu'une stratégie intelligente serait pour le gouvernement Italien d'allonger la maturité de la dette à 10 ans avec un coupon de 3.5 %, avant une sortie de l'euro et une dévaluation. Voilà qui permettrait de progressivement régler le problème de la dette, ce qui se traduira à court et moyen terme par une augmentation des exportations, des investissements, et donc de la croissance et de l'emploi.
 

Les études montrent que le prix à payer pour une telle dévaluation après la sortie de l'euro serait probablement une inflation avoisinant les 4 % par an, ce qui est tout a fait supportable.

 

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