![La petite sirène de Copenhague [La petite sirène]](http://alexandre.alapetite.net/art/mini/20040502-alex-art-1m.jpg)
L'euro source de prospérité, de croissance et d'emploi ? Allez donc dire cela aux Danois. Je reviens d'un séjour d'étude à Copenhague, et je vous assure que la monnaie européenne n'y a absolument pas la cote.
Pour rien au monde, les Danois, comme leurs voisins suédois d'ailleurs, n'abandonneraient leur couronne, la devise du pays. Là-bas, la croissance atteint regulièrement les 4% par an, bien plus que les taux obtenus dans les pays comparables de la zone euro (comme la Belgique par exemple). Le chômage était mesuré en janvier 2007 à 3,8%, le niveau de vie augmente fortement chaque année, les exportations sont florissantes...
Mieux, le différentiel de croissance avec les pays de la zone euro n'a cessé de s'accroître depuis l'arrivée de la monnaie unique. Qui peut encore décemment affirmer après un voyage dans ce pays que conserver sa monnaie nationale conduit tout droit à la catastrophe économique ? Qui peut encore dire sans faire rire que l'euro est moderne, source de prospérité ?...Personne ! Nos élites gavées d'idéologie feraient bien d'y faire un petit tour afin de remettre en cause leurs certitudes surranées...
Le Danemark n'est pas un cas isolé. Les pays européens hors de l'euro sont en bien meilleure forme que ne le sont ceux qui sont enfermés dans la zone monétaire unique, sous l'empire de la BCE. La zone euro est la région la moins dynamique du monde, précisément depuis le passage à la monnaie unique.
Minc, Colombani, Elkabbach, Duhamel et consorts, l'air danois vous ferez le plus grand bien !...

Une excellente nouvelle nous est venue d'outre Rhin aujourd'hui : Angela Merkel se déclare "inquiète du débat sur l'euro" qui se développe en France.
Que l'intelligentsia européiste qu'incarne magnifiquement la chancelière allemande, grande prêtresse du néolibéralisme le plus orthodoxe, s'inquiète et s'énerve face au débat qui monte en France (et dans d'autres pays à vrai dire, notamment en Allemagne...) est le signe que la perspective d'une sortie de l'euro est de plus en plus crédible.
Surtout, toute la bien-pensance européenne commence à sentir que les opinions publiques adhèrent chaque jour davantage à cette thèse, qui leur semble la plus efficace d'un point de vue économique et social, malgré tous les efforts de propagande qu'ont déployés les grands médias depuis des années. Et cela l'inquiète au plus haut point. Une sortie de l'euro remettrait en effet en question sa stratégie, et sa position in fine.
Ainsi, comme d'habitude, on ressort les mêmes vieilles ficelles pour tenter de tuer le débat dans l'oeuf : on rappelle qu'il "n'y a pas d'autre choix possible", que "l'indépendance de la BCE est une réalité indépassable", que "l'euro, c'est pour toujours", et au passage, on remet la Constitution sur le tapis...C'est ce que fait magnifiquement Angela Merkel, avec l'aide bienveillante du Monde et de Christine Ockrent, ces deux papes de la pensée unique, celle qui nous vaut 3 millions de chômeurs et 2% de croissance maximum depuis des années...
L'énervement du camp d'en face, celui qui soutient mordicus l'euro par intérêt et pure idéologie, est un très bon signal. Il démontre que nous devons en aucun cas relâcher l'effort, mais au contraire intensifier nos actions visant à montrer en quoi la sortie de l'euro est nécessaire au redressement de nos pays. Le débat est né, c'est en soi une avancée formidable par rapport à la chappe de plomb que nous connaissions il y a quelques mois encore. A nous de l'entretenir, de le développer, et d'inquièter de plus en plus...