Ne pas mentir en 2007

A l'heure où la campagne pour 2007 s'anime, il est utile de poser clairement les termes du débat. Les candidats qui prônent de profondes réformes économiques sans les accompagner d'une réflexion sur l'euro mentent aux Français. C'est une vérité un peu directe, mais d'une évidence indéniable.
En effet, il est au mieux illusoire, et plus sûrement mensonger, de faire croire qu'on peut véritablement faire d'autres choix économiques et mener une politique volontariste si l'on ne rompt pas clairement avec la monnaie unique et la toute-puissance de la BCE. Un pays qui ne maîtrise pas sa politique monétaire, c'est à dire le seul instrument d'intervention dont il dispose avec le budget, ne peut pas prétendre avoir tous les éléments nécessaires en main pour mener à bien la politique qu'il entend conduire.
L'arme budgétaire est très utile, mais elle n'est pas suffisante. Une économie se pilote aussi grâce aux taux d'intérêt que fixe une Banque Centrale, qui déterminent le coût du crédit et de l'emprunt, et doit pouvoir s'appuyer si nécessaire sur divers outils comme les dévaluations. Et l'on n'a pu constater à ce sujet que l'Europe n'était pas suffisamment homogène d'un point de vue économique pour ce que pilotage soit adapté et efficace à ce niveau.
Pour que 2007 soit donc un vrai rendez-vous démocratique, il est donc indispensable de ne pas mentir aux Français. Soit on décide de conserver globalement les mêmes règles du jeu en matière économique, inspirées par les présupposés libéraux et monétaristes de la BCE, et l'on doit alors prôner le maintien de l'euro.
Soit on affirme vouloir rompre avec ce système à bout de souffle, et l'on doit alors au minimum engager une réflexion sur l'existence de la monnaie unique, et appeler à un débat sur son avenir.
Sans relâche, nous interrogerons les candidats sur leur position vis à vis de la BCE et de l'euro, il en va du respect des pratiques démocratiques. La politique monétaire est une politique comme les autres, il n'y a donc aucune raison qu'elle échappe au contrôle démocratique et aux choix des citoyens.