Nouvelle hausse des taux de la BCE...

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...ou les inconséquences d'un système déconnecté du réel. Nous pensons que la BCE ne peut par défintion mener une politique monétaire adaptée à 25 situations nationales très disparates en terme de niveaux d'inflation et de croissance.

Pour la deuxième fois en trois mois, la Banque Centrale Européenne a décidé de relever ses taux d’intérêt pour renforcer sa crédibilité en matière de stabilité des prix. Dans leur délire obsessionnel, nos banquiers centraux oublient la réalité économique de la France et de la zone euro.

1/ Cette hausse vise avant tout les salaires. L’inflation réelle reste à des niveaux particulièrement faibles dans la zone euro (2,3%) malgré la hausse du prix du pétrole. Quand bien même ne le serait-elle pas, la croissance ne s’en trouverait pas plus mal : malgré une inflation de 4%, les Etats-Unis connaissent une croissance de près de deux fois supérieure à celle de la zone euro ! En fait, la principale inquiétude de la BCE réside dans une hausse des salaires. C’est elle qu’elle souhaite empêcher à tout prix.

2/ Cette hausse menace la compétitivité de la zone euro. Alors que l’excédent commercial de la zone euro a fondu de 75% en 2005, la hausse des taux d’intérêt risque de faire augmenter l’euro par rapport au dollar et en conséquence de dégrader encore davantage notre capacité à exporter des produits et de soutenir encore davantage les importations. En France, le ministère de l’économie estime qu’une hausse de 10% de l’euro par rapport au dollar coûtera 0,7 points de croissance.

3/ Cette hausse décourage l’investissement. La hausse des taux d’intérêt renchérit l’investissement productif. Or tous les économistes constatent l’important retard de l’investissement européen dans un contexte où l’accélération des progrès technologiques rend nécessaire une accélération de l’investissement.

4/ Cette hausse encourage les délocalisations. Avec d’un côté une moindre demande interne (salaires figés) et externe (exportations menacées) pour les produits européens, une plus forte demande pour les produits étrangers (importations soutenues) et de l’autre un moindre investissement productif, ce sont les délocalisations qui sont encouragées.

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